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    Une redistribution injuste dans la caisse de pension: comment l’épargne est retirée aux jeunes

    Chaque année, des milliards de francs suisses sont redistribués dans le deuxième pilier, passant ainsi des jeunes aux retraités. Ceci s’explique par les faibles revenus financiers dans un environnement de taux bas, la hausse de l’espérance de vie, le nombre croissant de retraités, l’âge de la retraite fixe et trop bas et des rentes trop élevées.
     

    Subventions croisées injustes et contraires au système

    Contrairement à l’AVS (premier pilier) qui repose sur le principe de solidarité et de la redistribution, l’idée d’origine de la prévoyance professionnelle est d’épargner pour soi-même. Afin de pouvoir verser les rentes aux retraités, les caisses de pension prélèvent une partie des revenus du patrimoine des assurés actifs. C’est ce qu’on appelle la redistribution. 

    Depuis 2014, les caisses de pension ont ainsi redistribué environ 45 milliards de francs suisses. C’est injuste et contraire au système. 


    A titre de comparaison, cette somme permettrait de racheter le fabricant de chocolat Lindt & Sprüngli (25 milliards) et le fabricant de montres Swatch (16 milliards), et même d’avoir encore un peu d’argent de poche après.

    La Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle CHS PP a fait le calcul: une personne assurée active disposant d’un capital de prévoyance de 500’000 francs suisses a «versé» chaque année, entre 2016 et 2020, 5’932 francs suisses aux retraités. C’est donc presque 30’000 francs suisses en moins dont disposera cette personne au moment de sa retraite. En tenant compte d’un effet des intérêts composés de 2% par an sur 30 ans, cela représente une perte de plus de 50’000 francs suisses.
     

    La redistribution fonctionne de deux manières

    1. Des jeunes vers les retraités

    Comme l’actuel taux de conversion de 6,8% dans la part obligatoire LPP (qui s’applique aux salaires compris entre 21’510 et 86’040 francs suisses) est trop élevé et que les rentes promises (6’800 francs suisses pour 100’000 avoirs de vieillesse) sont également trop élevées, une partie des produits de placements engendrés est utilisée pour couvrir les pertes de conversion.

    Le taux de conversion se base en effet sur une espérance de vie de 80 ans (100:6,8 = 15 ans selon l’âge AVS officiel de 65 ans). L’espérance de vie moyenne chez les hommes s’élève aujourd’hui à 85 ans et chez les femmes à 87 ans. La nette hausse de l’espérance de vie mène donc inexorablement au processus de redistribution. Le taux de conversion réaliste serait de 5% (100:5 = 20 ans), soit plus de 25% inférieur au taux actuel.

    A cela s’ajoute le fait que les rendements du marché des capitaux ont continuellement baissé depuis l’introduction de la LPP.




    La promesse implicite d’intérêts de 4,80% (sur la base de l’espérance de vie actuelle –y compris les droits à des prestations de survivants– et du taux de conversion de 6,8%) est beaucoup trop élevée dans ce contexte. Les faibles rendements ne peuvent donc pas non plus amortir la redistribution.

    2. Des revenus élevés vers les revenus moins élevés

    Une partie est également prélevée sur la part surobligatoire de la prévoyance professionnelle afin de financer les prestations du régime obligatoire. Aucun taux de conversion minimal ni aucun taux d’intérêt minimal ne s’applique pour la part surobligatoire. Les mécanismes de protection sont donc manquants et les caisses de pension peuvent agir en toute liberté. Elles peuvent fixer librement les taux de conversion dans la part surobligatoire et ces derniers sont en outre habituellement assez bas pour subventionner les rentes élevées dans le régime obligatoire.

    Que pouvez-vous faire pour contrer cette redistribution injuste?

    Tant que les politiques ne changent rien à cette injustice dans le deuxième pilier, il n’existe qu’une seule possibilité: la prévoyance personnelle. 

    1. Placez votre prestation de libre passage dans des titres pour générer à long terme des produits de placements plus élevés. Idéalement, fractionnez votre avoir de libre passage en plusieurs comptes.  
       
    2. Prenez le temps de bien vérifier avant de verser un montant important dans la part surobligatoire. Les éventuels rachats dans la caisse de pension ne sont pas toujours avantageux, malgré une économie d’impôt unique. Il est souvent possible de réaliser de plus grands bénéfices nets dans le patrimoine libre que dans la part surobligatoire. Et vous ne devez pas vous soucier de la redistribution en cas de rachat.
       
    3. Commencez tôt avec la prévoyance privée. Le fonds d’actions-pilier-3a vous permet, grâce à de meilleurs rendements et à l’effet des intérêts composés, d’économiser des montants élevés sur le long terme, comme le montre notre calculateur de prévoyance-3a. Posez-vous les bonnes questions pour choisir le fournisseur de fonds-3a approprié. Idéalement, ouvrez plusieurs comptes-3a ou un dépôt-3a afin d’économiser des impôts une fois l’âge AVS atteint grâce aux prestations en capital échelonnées.
       
    4. Si votre caisse de pension dispose d’un plan 1e et que vous gagnez plus de 129’060 francs suisses par an, vous pouvez décider vous-même comment votre avoir relatif à la part du salaire assurée au-dessus de 129’060 francs suisses est placé.

    Espérons que les politiques apportent prochainement de nouvelles solutions: les mesures décrites ne permettent en effet aux assurés que de récupérer une partie de leurs déficits de prestations. 

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